A. M. G..., à Brest. - 9 juillet 1875.

Je veux profiter de cette occasion pour vous parler de Marie-Julie. Depuis trois mois je l'ai vue plusieurs fois, et chaque fois j'ai été de plus en plus frappé.

Vous vous rappelez une dernière lettre. Toutes les merveilles qu'elle annonçait devaient se réaliser bientôt. Au mois d'avril ce n'était plus que l'affaire de quelques heures ; il fallait encore quelques prières et quelques conversions.

Au mois de mai, ce délai n'était plus que d'une heure.

Au mois de juin, elle parlait comme si la chose était faite ou se passait.

Vous n’avez pas oublié certaine branche de laurier desséchée à l'origine et qui devait reverdir peu à peu, pour refleurir au moment de la crise. Cette branche n'a cessé d'apparaître depuis, deux ans, tantôt à demi fleurie, tantôt desséchée de nouveau. Le 15 juin dernier, j'ai su que maintenant elle était toute entière fleurie, et que Marie-Julie n'aurait plus d'autres signes lui annonçant la crise suprême.

Du reste, je ne puis mieux faire que vous copier textuellement mes notes, prises, chaque jour, pendant mon dernier Séjour à Blain.

19 Avril 1875. - Je voudrais pouvoir transcrire mot à mot une vision récente que M. l'abbé David, confesseur de Marie-Julie m'a communiquée. En voici le résumé :

Marie-Julie était transportée dans un désert aride et désolé, au milieu de ténèbres confuses. Devant elle était un tombeau, celui de la France. Il s'en exhalait des odeurs méphitiques qui ne permettaient pas de l'approcher. Tout à coup une lumière brille et Jésus-Christ descend, ouvre le sépulcre, se penche sur le cadavre et le prend dans ses bras doucement et tendrement. La France se réveille, et le Sauveur lui parle avec amour dans un langage tout embaumé des divines ardeurs du Cantique des cantiques. Il lui promet de prochaines bénédictions, de prochaines gloires, des triomphes qui dépasseront toutes les victoires passées, parce qu'elle pleure ses fautes, qu'elle se repent ; parce qu'elle se jette avec amour dans le Sacré-Cœur. Puis Jésus-Christ la recouche et disparaît.

4 Mai 1875. - Encore le tombeau de la France ; mais elle en est sortie. Elle se tient immobile devant Jésus-Christ qui lui sourit tendrement. Elle est enveloppée d'un long suaire noir : ce sont ses crimes. Jésus-Christ l'en dépouille à demi, jusqu'à la hauteur de la poitrine, et il lui couvre la tête d'un voile éclatant de blancheur. Puis il arrache de son cœur un lys fleuri et le plante dans le cœur de la ressuscitée.

19 Mai 1875. - Vendredi dernier, Marie-Julie a vu la France, fille de Jésus-Christ. Elle était presque montée au dernier des degrés du trône sur lequel il était assis. Son suaire noir était entièrement tombé, le Sauveur le foulait sous ses pieds, et la France aussitôt se parait d'un manteau blanc, couvert de fleurs de lys d'or, qui l'enveloppait des pieds à la tête.

24 Mai 1875. - M. David m'a lu l'extase de vendredi dernier. Je la résume :

Jésus-Christ était assis sur un trône resplendissant; il avait auprès de lui sa Mère. La France se présente toute vêtue de blanc et de fleurs de lys; elle est déjà couronnée; mais pas encore de la grande couronne qui ne lui sera donnée qu'à l'heure de son salut. De son cœur sortait le lys que Jésus-Christ y avait déposé ; il était chargé de fleurs, et parmi ces fleurs, il en était une qui brillait plus grande et plus éblouissante.

La France gravit les marches du trône. La Vierge priait, souriait et pleurait. Son divin Fils s'écrie alors qu'il est vaincu, qu'il ne peut plus résister, qu'il oublie, qu'il pardonne :

«A vous, désormais, ma Mère, à vous seule ma toute ; puissance ; à vous seule de commander et de fixer l'heure de la victoire de votre fille bien-aimée».

Et prenant dans son cœur une goutte de sang et une larme aux yeux de la Sainte Vierge, il dépose ce mystérieux mélange dans la grande fleur du cœur de la France.

A la droite du trône était agenouillé Pie IX. Jésus-Christ l'appelle, en le nommant son cher fils, il le fait monter à ses côtés ; puis :

«Tu as assez souffert ; il est temps que tu sois consolé et que tes ennemis disparaissent, afin que ta gloire règne en souveraine dans l'univers».

Le Pape en pleurs et pressé sur le cœur de son Maître, s'écrie qu'il ne mérite pas une telle récompense ; qu'il est indigne de telles splendeurs.

«Que dois-je faire, ô mon Sauveur, s'écrie-t-il, pour gagner cette couronne que vous me promettez ?»

«Rien, rien, lui répond Jésus-Christ, tu en as fait assez ; vis encore ; je t'ai promis de longues années et une longue et énergique santé, pour que tu fasses aimer mon Sacré-Cœur par tous les hommes».

A gauche du trône était le Roi. Il monte à son tour, mais un peu moins haut que le Pape et reçoit, lui aussi, les divines promesses. Il est le fils bien-aimé de la Vierge et il régnera avec son drapeau, symbole de pureté et de gloire.

Cependant tous les grands saints qui protègent la France planaient à l'entour. Au premier rang, revêtu de ses armes, saint Michel semblait attendre fièrement l'heure de la lutte contre le mal.

15 Juin 1875. - Le laurier est fleuri ; Marie-Julie n'aura plus d'autre signe.

Connaissez-vous quelque chose de plus imposant que les tableaux allégoriques qui précèdent ? Cela est grand comme les Livres saints. Les divers degrés qui marquent la résurrection de la France et la majesté dont le Seigneur la couvre sont supérieurement accusés : ces paroles touchent, elles émeuvent ; elles confirment les promesses qui nous font tressaillir de joie, au milieu des tristesses qui nous désolent. A. P.

M. G. place ici une note, en souvenir d'une précédente vision. «J'ai remarqué, dit-il, une parole de Jésus-Christ : il ne parle plus au futur, mais au présent ; il ne dit plus : «Je frapperai», il dit : «Je frappe.»

«Que pensez-vous des inondations ? ajoute M. G.».

Il continue de citer ses notes :

15 Juin 1875. - Hier, vers quatre heures du soir, Marie-Julie, après une longue extase, a raconté à M. David, toute la cérémonie qui avait eu lieu, le matin, à Montmartre, notant expressément la présence du duc de Nemours parmi les laïques. «Désormais, a-t-elle ajouté, il ne faut plus chanter : Sauvez la France, mais la France est sauvée.»

18 Juin 1875. - Marie-Julie a parlé plus longtemps que de coutume et plus clairement que jamais. Elle a levé hardiment tous les voiles de l'avenir et, chose remarquable, tous les récits semblaient se rapporter à des événements présents et non plus à des faits à venir, comme autrefois. C'était l'histoire du moment qu'elle semblait raconter.

Toutes les révélations qu'elle avait dictées en secret à M. David, parce qu'alors il était défendu d'en parler publiquement, revenaient dans sa bouche sans réticence. Evidemment le temps avait marché et les événements avaient marché avec lui, quoique nos yeux à nous ne le voient pas encore.

Ainsi nous contemplions la France renfermée dans son tombeau étroit et douloureux ; elle luttait pour le briser et pour en sortir, afin de revenir au jour ; mais elle retombait sans cesse, déchirée par les clous du cercueil qui ensanglantaient ses membres et son front.

Puis, Jésus-Christ descendait, ouvrait la tombe, prenait la morte bien-aimée dans ses bras, la ranimait, la consolait, la fortifiait en lui prodiguant toutes les espérances et en acceptant ses pleurs et ses sanglots d'expiation.

Debout bientôt et penchée sur la poitrine de son Rédempteur, la France laissait choir le suaire ténébreux qui l'enveloppait et elle se vêtait d'un manteau blanc semé de fleurs de lys d'or ; sa tête se paraît d'une première couronne petite encore ; son cœur recevait le lys fleuri Qui avait germé dans le Sacré-Cœur, et resplendissante enfin de gloire, et d'allégresse, elle s'approchait du trône de Jésus-Christ qui lui souriait et l'accueillait avec transport.

Puis, c'était le Pape qui, lui aussi, séchait ses larmes et oubliait ses douleurs pour s'abandonner à toutes les joies du triomphe de Dieu.

C'était encore le Roi, amené par la Sainte Vierge qui l'aime comme son fils, à cause de son innocence. Il apparaissait en souverain, couronné de grandeur et ombragé par les plis de son drapeau.

Bientôt le tableau changeait et se complétait. La France, suivant son chef légitime, marchait reposée sur le cœur de la Vierge, et sa petite couronne se transformait en diadème de victoire. Le Sacré-Cœur s'unissait à Marie, pour l'assurer de son amour, et lui annoncer une fois de plus qu'elle vaincrait ses ennemis dans un triomphe sans égal, qui sera le dernier.

Et toujours ce triomphe était dépeint comme un fait présent, acquis.

«La France est sauvée», répétait sans cesse Marie-Julie.

Les bons, les amis du Sacré-Cœur, étaient groupés en masses profondes derrière la France, précédés de tous les saints qui protègent la Fille aînée de l'Eglise.

En face se dressait l'armée furieuse des impies, mais ses colères étaient impuissantes et, tout à coup, cette armée était miraculeusement anéantie.

Pour la première fois, Marie-Julie a fait une allusion à la Prusse. Elle voyait un trône élevé pour être le centre et l'appui de l'impiété. Soudain il s'évanouit «comme une fumée». Mais aussitôt, tous les méchants, transportés de rage, trouvaient encore le moyen de se réunir et de se jeter sur la France. Ils arrivaient jusqu'à la frontière du fleuve qu'ils ne franchissaient pas, parce que la Sainte Vierge avait planté sur la rive un lys foudroyant.

Il y a dans cette continuité d'affirmations une majesté qui étonne, qui subjugue. Celui qui entendrait cet exposé sans émotion ne saurait être qu'un sceptique ; or, tout sceptique, invétéré est un méchant. Ces pages si élevées, si bibliques, si on nous permet l'expression, sont en pleine concordance avec l'ensemble de nos prophéties. Il y a même ici plus de clarté que presque partout ailleurs. A. P.

A. M. S. - Lettré du 14 septembre 1875. (Extrait).

Je me trouve, à propos de Marie-Julie, lancé dans une série d'incidents plus ou moins merveilleux. Poussé par ce que je lui en avais raconté, un religieux capucin est allé la voir. A son arrivée, il a trouvé écrit depuis quinze jours, sous la dictée de Marie-Julie, le 23 juillet, le récit complet d'un exorcisme qu'il n'a réalisé que le 3 août, il est arrivé à Blain le 5. Seulement Marie-Julie annonçait que l'ex-possédée devait, pour achever sa guérison, écrire avec son sang une rétractation des deux donations qu'elle avait antérieurement faites d'elle-même au diable. Dix jours après je lisais cette rétractation sanglante arrivée le matin même par la poste. Marie-Julie a prédit en outre au capucin que désormais il jouirait d'un pouvoir surnaturel ; qu'il n'aurait qu'à faire embrasser son Crucifix que la Sainte Vierge avait bénit, au pécheur le plus endurci pour le convertir aussitôt, et mon capucin en est à la sixième conversion. - Ce n'est que le commencement des grâces attachées à ce Crucifix ; mais nous ignorons encore en quoi ces grâces nouvelles consistent.

Depuis, il y avait ici un prêtre malade qui ne pouvait plus dire ni messe ni bréviaire. Au mois de mai, il m'a chargé de dire à Marie-Julie de prier pour qu'il put célébrer le Saint Sacrifice : le 8 ou le 9 juin elle répondait que ce prêtre pourrait désormais dire la messe. Il la dit régulièrement depuis le16 juin. Au mois de juillet il a demandé de pouvoir dire on office : Marie-Julie lui a répondu qu'il le pourrait ; et depuis le 15 août il le dit sans fatigue.

Je sais encore cent autres merveilles : aussi le capucin «croit à Marie-Julie comme à l'Evangile». Ce sont ses propres expressions.

A. M. E. de P. - Blain, le 18 mai 1876. Je vais demain à la Fraudais, c'est le nom du lieu habité, près Blain, par la famille de Marie-Julie, et je veux, vous envoyer le récit de mon voyage.

J'y étais lundi dernier 15. M. David m'y avait emmené pour être témoin d'un miracle, une communion surnaturelle. Nous sommes arrivés vers huit heures et demie. Marie-Julie était couchée dans son lit, les yeux fermés, dans une pose pleine d'une sérénité inouïe. C'était un calme sans nom, un repos ineffable. On sentait qu'elle vivait néanmoins, qu'elle ne dormait pas, et cependant elle ne faisait pas un mouvement.

Puis est venu un ravissement pendant lequel elle a prié et chanté. J'ai ses prières, mais je ne puis vous les copier, quelques belles qu'elles soient ; ma lettre serait interminable.

Après s'être tue, elle a récité à voix basse le Confiteor, frappé à deux fois sa poitrine et ouvert trois fois la bouche en portant sa langue sur sa lèvre. Il n'y avait rien encore sur sa langue.

Mais à une quatrième fois, nous y avons tous vu une hostie posée, d'une blancheur parfaite, petite, mince et déjà humide de salive. Elle a ouvert la bouche deux fois encore : l'hostie était toujours là, mais de plus en plus humide, de plus en plus mince, et à la fin réduite en petits fragments. Puis sont venues de nouvelles prières et de nouveaux chants. Je les ai aussi ; mais ce que je n'ai pas, et ce que l’on ne peut avoir, c'est l'accent, c'est la voix, c'est l'allégresse de la sainte.

Par moments, la joie divine qui l'oppressait la rendait haletante, et alors il ne sortait plus de sa bouche que des mots entrecoupés : Bonheur ! joie ! charme ! les anges ! mon époux ! amour ! - Figurez-vous ces choses et jugez de mon émotion.

Oui, j'ai vu tout cela, et je l'ai signé. C'est un grand privilège que la Providence m'accorde, et auquel, hélas ! je sens que je réponds bien mal. Mais je ne suis pas un ange et je ne puis le devenir : Quelle n'est pas notre pauvre misère humaine ! Nous n'avons qu'un espoir, la pitié de Dieu.

Ou les jours mauvais sont très près, ou je ne comprends plus rien. Voyez de toutes parts les guerres, les séditions qui commencent ; et chez nous quel tableau !

Aujourd'hui, Paris est en liesse pour les funérailles du glorieux Michelet. Quelle honte et quel crime ! Comment s'étonner que Paris bientôt ne doive plus être que ruines ? Il l'aura bien voulu.

J’arrive donc le 19 à la Fraudais. Tout s'y est passé comme de coutume. Il est donc inutile que je vous parle du chemin de la croix que vous avez vu. Malheureusement Marie-Julie n'a pas parlé politique. Il y avait des étrangers, et j'ai remarqué que toujours, quand il y a ainsi des inconnus, elle est très réservée. Elle a pourtant annoncé la prochaine victoire du Pape, et dit qu'elle voyait la France partagée en trois parties.

Depuis quelque temps, du reste, elle parle peu des événements ; est-ce parce qu'ils sont proches ? Je sais toutefois, qu'elle les voit dans un avenir de moins en moins éloigné. L'année dernière, elle parlait beaucoup de morts subites chez les personnages importants du jour. La mort de M. Ricard est-elle un premier indice ?

Quoi qu'il en soit, rien n'est changé dans nos espérances. Il faut qu'elles se réalisent, car elles seules sont logiques, et la logique est toujours la vérité.

A M. A. - Lettré du 1er janvier 1878.

Vous avez raison de voir l'avenir en noir ; je crois que nous touchons à la tempête. Marie-Julie parle en termes qui me semblent clairs du commencement du printemps. Heureusement la Bretagne sera protégée. Depuis quelques semaines, son nom revient sans cesse accompagné des plus belles promesses de bénédictions. Il y a huit jours, celui de la Vendée est venu à son tour; elle aussi sera bénie spécialement.

On peut encore rester tranquille tant que Mac-Mahon sera là, si petit qu'il se fasse, mais dès qu'il sera parti, c'est alors qu'il faudra «élever à la fois vers le ciel ses yeux et son cœur.» Défions-nous du duc d'Aumale, et surtout, quoi qu'il tente, ne nous mêlons pas à ceux qui lui prodigueront «leurs applaudissements.» Restons dans la simplicité de nos opinions.

Le Roi ne viendra qu'au milieu de la crise, puisqu'il la terminera. L'Alsace et la Lorraine reviendront à la France. Dans l'intervalle, Paris surtout aura été pour ainsi dire détruit. Plus tard, mais presque aussitôt, le Roi partira avec son armée pour l'Italie. Don Carlos sera avec lui, et tous les deux rendront au Pape sa puissance temporelle.

Voila le résumé fidèle de ce que je sais. C'est ce que disent à peu près toutes les autres prophéties déjà connues.»

Mais il y a une quantité de détails étranges, de prédictions particulières dont quelques-unes se sont déjà réalisées. Il y a eu une chose exceptionnelle au commencement du mois dernier. La Sainte Vierge a fait voir à Marie-Julie deux hommes sans les lui nommer, et elle lui a commandé de tracer leur portrait. Le dessin en a été si net, si précis, que personne n'a hésité à les reconnaître.

Or, tous les deux ont un même but, la destruction de la religion : seulement M. X. agit par fourberie, par hypocrisie, il se démasque moins ; M. Y., au contraire, se lance avec audace. «Ah! s'écriait-il naguère, si je pouvais être à Rome, comme j'écraserais le vieillard !»

A. continue toujours seul son rôle de confident. Je vous jure que je trouve le temps long, et que je voudrais bien être rappelé à la Fraudais. Puisse-je y revenir bientôt ! C'est une merveilleuse et grande histoire qui se passe la ; elle est de nature à faire pâlir toutes les légendes connues. Les extases sont plus belles encore que de mon temps. Dieu merci, A. me les envoie toutes.

Voici les paroles de S. Jean l'Evangéliste, du 27 décembre dernier :

«Frères et sœurs de la terre, les fleurs ont presque disparu, les arbres ont perdu leur feuillage, toute la nature est dépouillée de ses beaux ornements. Eh bien, voici l'heure du Seigneur : il viendra avec sa justice et sa miséricorde au moment où la terre sera encore dépouillée ; mais les arbres commenceront à montrer leurs boutons, la terre commencera à, reverdir, les jours seront longs et le soleil plus haut dans le ciel. Je parle au nom du Seigneur ; je viens vous annoncer l'avènement de sa justice.»

Extrait des .notes de M. E. de P.

Pour éviter les illusions et les artifices du Démon, qui se présente parfois à Marie-Julie, sous les formes les plus hypocrites et les plus variées, une fois même il s'est présenté avec les stigmates, elle demande de temps en temps, pendant l'extase, de l'eau bénite, avec laquelle elle se signe, et, avant de parler, elle invoque les lumières de l'Esprit-Saint. S'il vient à elle un saint qu'elle ne connaît pas encore, elle l'oblige à un acte d'amour envers le Sacré-Cœur de Jésus. Si c'est le Démon, il prend aussitôt la fuite. Le Démon est maintenant fatalement reconnu par elle : s'il apparaît avec une croix, elle est tordue ; s'il a une auréole, il y manque des rayons.

Le Démon a tracassé Marie-Julie de bien des manières : il l’a aussi battue en lui laissant des traces de ses coups. Il lui est même arrivé, étant à la Sainte Table, de ne pouvoir desserrer les dents : mais M. David, sachant ce que cela voulait dire, approchait la sainte hostie de sa bouche, et, en présence du corps divin du Sauveur, Satan était obligé de lâcher prise et Marie-Julie pouvait ainsi communier, malgré les efforts de l'Enfer.

L'extatique a souvent des ravissements en dehors de ceux du vendredi, même à l'église ; mais alors elle ne parle pas et elle reste dans la position assise ou à genoux qu'elle avait auparavant. Marie-Julie est sourde, dans ces circonstances, pour tout le monde, excepté pour son confesseur et pour ses parents.

Marie-Julie a annoncé que l'Ouest sera épargné. Il ne sera pourtant pas entièrement exempt de châtiments : excepté Bordeaux et La Rochelle, Sainte-Anne couvrira la Bretagne de son manteau. D'autres villes, Paris surtout, seront terriblement châtiées.

Les inondations du Midi (1875) ne sont que la fleur des châtiments prédits. Les habitants du Midi ayant blasphémé au lieu de reconnaître et d'adorer la main de Dieu qui les a frappés, des fléaux plus effroyables leur sont réservés : cette fois ce sera le feu.

Marie-Julie, depuis la Quasimodo 1874, est restée d'abord cent cinq jours sans prendre de nourriture ; puis la Sainte Vierge lui a permis de prendre quelques cuillerées de lait. Elle en prend, en conséquence, une cuillerée le matin et une le soir, mais pas tous les jours. Elle n'aime pas le lait, qui lui provoque des répulsions du cœur.

Marie-Julie connaît, pendant ses extases, la composition de son auditoire, et est plus réservée suivant les personnes présentes. Ainsi, il y a quelque temps, deux personnes étaient venues de Paris et étaient entrées pendant l'extase. Marie-Julie montra plus de réserve et fit allusion à l'un d'eux en disant avec toute, la délicatesse qui lui est habituelle : «Il y a un sceptique parmi nous.»

Sans avoir jamais entendu parler auparavant des princes d'Orléans, elle a fait dernièrement, dans une de ses extases, un portrait peu flatteur de chacun d'eux, excepté du prince de Nemours, comme elle l'appelle.

Tous les vendredis, Marie-Julie voit le saint dont la fête tombe ce jour-là, et la vie de ce saint lui étant présente, elle en dévoile bien des traits saillants et même inédits. Il en est de même du chemin de la Croix, dont elle fait connaître bien des détails non parvenus jusqu'à nous par la tradition.

Guérison du petit Charbonnier. - Ce jeune garçon a été l'objet d'une grâce spéciale, par l'intermédiaire de la stigmatisée : il avait été gravement atteint du croup qui régnait à Fontenay à l'état épidémique. Le père écrivit à Blain une lettre désespérée recommandant son enfant aux prières de Marie-Julie. Lui-même alla à l'Eglise offrir ses prières à Dieu; il avait beaucoup dit au Seigneur et le Seigneur ne lui avait rien dit. Il revenait tout triste, lorsqu'il aperçut Mme Charbonnier, qui marchait à sa rencontre, pour lui annoncer ce qui s'était passé pendant qu'il était à l'Eglise. Elle avait un linge teint de quelques gouttes de sang du stigmate de la couronne d'épines de Marie-Julie, et eut l'heureuse idée de poser ce linge sur le front de son fils bien malade. L'enfant demanda aussitôt à manger. Cependant on n’osa satisfaire ce désir immédiatement ; mais le lendemain le médecin reconnut qu'on pouvait donner de la nourriture, et la guérison a persisté.

Feu Mgr Fournier, Evêque de Nantes, était allé à la Fraudais, et avait reçu Marie-Julie tertiaire de Saint-François. Ce vénéré prélat avait recueilli toutes les communications fournies par le confesseur de la voyante, et avait porté ces volumineux documents à Rome, où malheureusement il est mort il y a deux ans.

Les stigmates de Marie-Julie sont :

Les clous des pieds et des mains.

La marque des cordes de la flagellation aux poignets.

La couronne d'épines.

La plaie de l'épaule gauche (la plus profonde et la plus douloureuse).

Le déchirement de la lance au côté ne forme ensuite qu'une seule et même plaie.

L'anneau d'alliance sanglante à l'un des doigts de la main droite.

Sur la poitrine, elle a des stigmates qui ne la font pas souffrir, mais qui saignent lors de ses ferventes communions. Ils représentent : le sceau de Jésus en lettres anciennes, J. H. S. ; - le sceau de Marie, M et A.

Sur la poitrine sont encore imprimés ces mots : Viens, ma victime ! - Triomphe de l'Eglise.

Le 3 février 1877, Marie-Julie avait annoncé la mort prochaine de Pie IX.

Nous revenons aux lettres de M. C. Il narre, à la date du 8 novembre 1877, l'extase du 27 octobre, jour de la fête de la bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque. Ce monument révélateur imposera assez par lui-même, et nous dispensera, de la sorte, d'en signaler l'importance. Par ce ravissement, le lecteur appréciera tous les autres.

«Le divin Maître montre la plaie de son cœur et dit : «Mes enfants, c'est mon Sacré-Cœur qui a le privilège des grâces ; en lui est le triomphe. Mais avant de vous donner le triomphe, je veux vous éprouver : je vous enverrai bien des maux, vous verrez ma justice tomber sur la terre ; vous verrez aussi des signes précurseurs et éclatants paraître au firmament. Ne vous effrayez pas ; je vous ai promis le triomphe.

- Ma victime, j'avais promis à la bienheureuse victime de mon Sacré-Cœur de donner le triomphe de la France et de la sainte Eglise par mon Sacré-Cœur, à la condition que tous les enfants de la France se seraient soumis; s'ils étaient ingrats, les châtiments devaient être plus terribles. J'avais promis à la victime de mon Sacré-Cœur que peut-être j'aurais attendu deux cents ans ou peut-être plus. Si mon peuple avait été docile, j'aurais donné plus tôt le triomphe; il n'a pas été docile, j'ai attendu ; mais peu après les deux cents ans, le triomphe aura lieu. Ma victime, retiens bien cela.

- Oui, mon divin Jésus, je ne l'oublierai pas.

Il continue :

- La victime de mon Sacré-Cœur n'a pas pu transmettre toutes mes révélations. Beaucoup, n'ont pas été transcrites ; voilà pourquoi je veux aujourd'hui prévenir mon peuple, afin qu'il soit bien préparé quand l'heure de ma justice arrivera.

- Victime de ma croix, il est impossible que je ne punisse pas le mal : je ne puis pas souffrir tant d'iniquités !

- Victime de ma croix, j'avais promis à la bienheureuse victime de mon Sacré-Cœur que le triomphe de la France viendrait après de grands châtiments ; cette révélation n'a pas été transcrite. Je rappelle aujourd'hui cette promesse à ton cœur.

- Merci, mon divin Jésus.

- J'ai annoncé à plusieurs saintes âmes qu'avant le triomphe de la France, il y aurait une grande lutte entre tous mes enfants, les bons et les méchants. Que mes enfants fidèles ne se laissent pas réduire par les armes des méchants. Je désire qu'ils leur résistent ; par la foi et par le courage ils réussiront. Ce sera le dernier effort des méchants ; c'est là que je les arrêterai. Ils tenteront encore de jeter le trouble parmi les amis de mon Eglise, de profaner tout ce qui est respectable sur la terre ; ce sera en vain. Rappelle-toi bien cette promesse.

- Oui, mon bon Jésus, Cœur adorable, je me le rappellerai ; puis le bon serviteur est là qui écrit.

- Je suis très satisfait. Je veux que mon peuple soit prévenu.

- Voilà, mon Sacré-Cœur ; regarde, victime de ma croix. Je vois écrite dans mon Cœur la promesse que je t'ai faite : Je sauverai la France par mon Sacré-Cœur ; je la ressusciterai par l'amour de mon Sacré-Cœur.

- Eh ! je vois parfaitement, des yeux de mon âme, ces mots écrits dans le Sacré-Cœur.

Le divin Sauveur continue :

- Je porte dans mon Cœur les noms des amis qui persévéreront dans le bien ; au milieu de la lutte je leur promets ma protection, afin qu'ils supportent les épreuves avec courage.

L'enfer, en ce moment, cherche des victimes pour les enrôler, afin de répandre l'iniquité sur toute la terre, et le Sacré-Cœur, lui, cherche aussi des victimes, mais pour les abriter sous sa bannière.

Voilà l'heure ou je vais souffrir ; mon Cœur sera déchiré ; voilà l'heure où des pleurs couleront de bien des yeux. Mes enfants, encore une fois, je vous préviens : Satan va satisfaire sa rage, qui est d'autant plus grande que les siens seront vaincus. Je veux humilier mon peuple : il n'a pas écouté mes paroles ; mais ensuite je lui donnerai une victoire complète, c'est-à-dire la résurrection de la Fille aînée de l'Eglise. Voilà le moment, mes enfants, où le lys blanc et la bannière blanche vont être foulés aux pieds ; mais ce ne sera que pour un temps, que pour peu de temps. Leur triomphe viendra ensuite. Je veux récompenser l'attente et la confiance inébranlable de celui qui attend tout de moi et rien des hommes. Malgré les persécutions de toute sorte qui se sont élevées contre lui et qui s'élèveront contre lui ; quoique l'on discute toutes ses pensées avec la plus grande hypocrisie ; quoiqu'on l'abreuve de calomnies ; sa belle bannière blanche sera plantée sur la France, et ses ennemis seront forcés de vivre sous sa dépendance.»

Puis Jésus-Christ parle à la fois à Marguerite-Marie et à Marie-Julie :

«Victime de mon Sacré-Cœur, et toi, victime de ma Croix, vous n'êtes pas choisies toutes les deux pour la même œuvre. La bienheureuse Marguerite-Marie a été choisie pour publier la gloire de mon Sacré-Cœur, et toi, tu es choisie pour publier la gloire de ma Croix.»

- Nous ne faisons suivre cette extase d'aucun commentaire. Tout y parle si clairement que nos réflexions ne pourraient qu'affaiblir un texte aussi caractéristique et aussi précieux. A.P.

Je termine cette copie, écrit ensuite M. C. ; j'espère que vous en serez content. Vous comprendrez clairement le rôle de Marie-Julie. Le salut de la France est attaché au culte du Sacré-Cœur et au culte de la Croix, qui se complètent l'un l'autre ; et de même que l'on élève des autels, un sanctuaire au Sacré-Cœur, ainsi on élèvera bientôt un sanctuaire immense, spécialement dédié à la Croix, et où des prodiges sans nombre feront accourir nuit et jour les pèlerins de la France, puis du monde entier.

Je vous l'annonce pour que vous teniez votre malle prête, aussitôt que l'heure des saints voyages aura sonné. Vous me retrouverez alors, je l'espère, d'autant plus que Marie-Julie me promet à moi et à toute ma famille une demeure stable, tout près de ce sanctuaire, à la construction duquel je dois concourir, demeure que nous ne quitterons plus de toute notre vie.

Cette dernière prédiction m'intrigue fort ; comment se réalisera-t-elle ? Mais je ne m'en tourmente pas ; j'attends avec une tranquillité d'autant plus grande que la prédiction est accompagnée d'une promesse de protection spéciale pendant toute la grande crise prochaine.

Je dis prochaine, car il ne paraît pas qu'elle doive désormais tarder beaucoup. Toutefois elle n'est pas immédiate, car Marie-Julie doit être morte auparavant ; elle ne doit mourir qu'après le retour de M. David près d'elle, et après sa quatorzième et dernière communion surnaturelle, à laquelle, entre parenthèses, elle sait depuis un an que j'assisterai...

Jésus-Christ, recommande, par la bouche de Marie-Julie, la dévotion à la plaie de son épaule gauche. Tous ceux qui l'auront, cette dévotion, seront protégés par lui dans les grands châtiments réservés : achetez donc des images pour vous et les vôtres, et répandez-en le plus possible.

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