Archevêché de Reims

Reims le 29 Mars 1902.

Cher Monsieur le Chanoine,

Lorsque Léon XIII consacra le genre humain tout entier au Sacré-Cœur de Jésus, il voulut assurément donner à la piété chrétienne une orientation non pas nouvelle, mais définitive vers une dévotion depuis longtemps déjà chère à l'Église.

La signification de cet acte solennel du Souverain Pontife ne vous a pas échappé. C'est pour y faire écho, c'est pour encourager les âmes et les aider à en profiter que vous publiez aujourd'hui un nouvel opuscule sur la dévotion au Sacré-Cœur.

Votre travail est une étude très consciencieuse du sujet au double point de vue du dogme et de la pratique. Ici encore, comme dans vos précédents ouvrages, et je ne saurais trop vous en féliciter, loin de vous contenter de notions vagues et flottantes si communes en celte matière, vous avez voulu mettre à la portée de tous les esprits un enseignement qui paraissait réservé au domaine exclusif de la théologie.

J'estime que le succès a pleinement répondu à votre effort. Votre doctrine est exacte, étant puisée aux sources les plus pures, et vous avez su la revêtir d'une forme attrayante. Aussi votre livre sera-t-il lu avec plaisir et avec fruit par toutes les âmes qui ont l'ambition de progresser dans l'intelligence et l'amour du divin Cœur de Jésus.

Soyez donc de nouveau remercié, cher Monsieur le Chanoine, et agréez, je vous prie, l'assurance de mes sentiments tout dévoués en Notre Seigneur.

B. M. Card. Langénieux,

    Arch. de Reims.

Chapitre I

Le Sacré-Cœur dans l’éducation

Le 15 mai 1899, Léon XIII accomplissait un acte dont il nous est difficile de mesurer à l'heure actuelle toutes les conséquences, mais qui est certainement appelé à exercer une très heureuse influence sur les destinées de nos sociétés. Répondant au vœu d'un grand nombre d'évêques, le Souverain Pontife consacrait solennellement le genre humain tout entier au Sacré-Cœur, et il prescrivait que la formule de cette consécration fût lue quelques jours plus tard dans toutes les églises du monde.

Au même titre que chaque diocèse ou que chaque paroisse, nos collèges catholiques ont donc été consacrés au Sacré-Cœur ; et cet acte, si j'en saisis bien la portée, signifie que nos collèges sont désormais la chose, la propriété du Sacré-Cœur. Ce n'est pas à dire assurément que le Cœur de Jésus ait acquis sur ces maisons un droit qu'il ne possédait pas jusqu'alors ; les droits de Jésus existaient antérieurement à l'acte qui, dans la pensée de Léon XIII, devait en constituer la reconnaissance authentique et solennelle.

Cependant, à moins d'enlever à cet acte sa signification, il faut reconnaître que tout programme d'éducation doit faire maintenant au Sacré-Cœur une place beaucoup plus large qu'autrefois. Tout éducateur est tenu d'acheminer les âmes dont il a la garde vers une connaissance plus approfondie, et vers un amour mieux compris du Cœur de Jésus. S'il se dérobe à ce devoir, il laisse sans emploi le plus puissant des moyens de formation surnaturelle que Dieu lui ait mis entre les mains ; quoi qu'il fasse d'ailleurs, son œuvre demeurera incomplète. Le désir de Dieu, ou plutôt sa volonté explicite, est que nous révélions le Sacré-Cœur à ces jeunes âmes, que nous orientions leur piété vers cette bienfaisante dévotion. Le Souverain Pontife fut l'interprète de cette volonté formelle de Dieu, lorsqu'il consacra nos collèges au Cœur de Jésus. Si nous négligeons de répondre à cet ordre venu d'En-Haut, si nous nous obstinons à ne pas accorder au Sacré-Cœur la place à laquelle il a droit dans l'éducation, notre mission d'éducateurs ne nous apportera que déboires et insuccès, et ce sera justice.

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En nous invitant à diriger les âmes vers le Sacré-Cœur, Léon XIII garde à l'éducation chrétienne sa direction essentielle. C'est du côté de Jésus-Christ que l'éducateur devait regarder sans cesse ; c'est l'image de Jésus-Christ qu'il devait s'efforcer de sculpter en chacune des âmes confiées à ses soins. Notre objectif ne serait-il plus le même aujourd'hui ? Aurait-il varié depuis que nos maisons appartiennent plus spécialement au Sacré-Cœur ? A Dieu ne plaise ! Opposer les droits du Sacré-Cœur à ceux de Jésus lui-même serait absurdité pure. Jésus demeure le modèle idéal dont nous ne pourrions sans danger détacher nos regards.

Mais n'oublions pas que son rôle d'éducateur n'est pas limité à cette fonction d'un modèle qui passivement se laisse copier : il a une part active dans l'éducation ; il agit directement sur les âmes ; il les pétrit lui-même, si j'ose ainsi parler ; il les forme à l'aide de procédés dont le secret nous échappe. Avec quel soin nous devons épier cette action divine pour la seconder et lui aplanir les voies ! Mais lorsqu'elle s'est révélée à nous d'une façon évidente par un intermédiaire autorisé, peut-il être question encore de suivre nos vues personnelles ? N'est-ce pas avec joie que nous devons mettre alors toutes nos énergies au service d'un programme que Jésus lui-même nous a tracé ? La meilleure façon de mener les âmes vers lui n'est pas celle qui a les préférences de mon esprit et de mon cœur ; c'est celle que lui-même m'a' révélée. Lorsqu'il m'indique le culte du Sacré-Cœur comme le levier qui doit, à notre époque, soulever les âmes, les détacher de la terre, les hausser jusqu'à lui, m'est-il donc permis d'hésiter, de consulter mes goûts, d'arguer de difficultés que je prévois ? Non, non ; Jésus a parlé : me voici instrument souple et docile entre ses mains pour attirer les âmes vers son Sacré-Cœur.

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*          *

Un éloquent religieux exprimait dernièrement le vœu que :

«Le siècle nouveau fût le siècle de l'Eucharistie et du Sacré-Cœur.»

Est-ce présomption de penser qu'il dépend surtout de nous, éducateurs, que ce vœu devienne une réalité ? Si nous ne sommes à la tête du mouvement, le double règne de l'Eucharistie et du Sacré-Cœur ne court-il pas grand risque d'être reculé à une échéance indéterminée ? Lorsque Léon XIII consacrait le genre humain tout entier au Cœur de Jésus, j'ose croire que sa pensée s'arrêtait avec une complaisance particulière sur nos collèges chrétiens ; c'est de ces lieux bénis qu'il lui semblait voir sortir les meilleurs pionniers de la grande œuvre qu'il avait conçue.

Au risque de cultiver le lieu commun, je rappellerai que l'avenir appartient à ceux qui ont la main sur l'urne de l'enfant. Ce serait folie de rêver une action qui atteigne dans un pays tous les hommes d'un âge mûr, et les transforme dans leur être moral. Lorsqu'on veut refaire l'âme d'un peuple, ce n'est pas sur les hommes de trente ans qu'il faut agir ; il faut aller droit à l'enfant, s'emparer de son intelligence, prendre la direction de sa volonté, et se condamner au travail obscur du semeur qui jette le grain en terre, et se résigne à ne pas voir lever la moisson. Si nous voulons procurer le règne du Sacré-Cœur, allons donc à l'enfant, agissons sur l'enfant : la conclusion s'impose.

 La dévotion au Sacré-Coeur de Jésus

10.50 € – 96 pages – Édition 1902

ISBN 978-2-919247-43-1

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